ANNEAU GASTRIQUE VIRTUEL

Réponse à une patiente

Question : pratiquez-vous l’anneau gastrique virtuel ?


Bonjour Madame,

Dans les formations d’hypnothérapeutes ou de praticiens (médecins, infirmières…) que j’ai assurées jusqu’à présent, je me suis toujours refusé à enseigner « l’anneau gastrique virtuel ».

Précisons pour commencer que la version hypnotique de cette opération est fort heureusement interdite aujourd’hui en France aux hypnothérapeutes membres du SNH, Syndicat National des Hypnothérapeutes dont je suis membre.

En effet, une vraie thérapie ne se focalise pas sur la disparition du symptôme. Elle s’intéresse à la totalité de la personne et  agit à la source du symptôme : un traumatisme, un abus sexuel, un trouble de l’attachement… qui génère des symptômes (une anxiété chronique par exemple) que le sujet cherche à estomper par la nourriture, l’alcool, une activité sportive ou sexuelle frénétique… ?. Concernant l’obésité, à noter la corrélation très forte de ce trouble avec le traumatisme (traumatisme lié à un événement douloureux, traumatisme lié à des troubles de l’attachement, carence de soins physiques ou affectifs, traumatisme péri-natal ou transgénérationnel). On sait notamment que les expériences traumatiques infantiles augmentent considérablement le risque d’obésité sévère  : risque multiplié par 1,6 lorsque le sujet a connu au moins 4 expériences de ce type (Etude ACE – Adverse Childhood Experiences – menée au Kaiser Permanente Hospital de San Diego – 17 0000 sujets adultes suivis sur plusieurs années). Voir notre article consacré aux traumatismes

Agir à  la racine du comportement problématique est la condition pour qu’il puisse disparaitre durablement. Dans le cas contraire, lorsque l’on aura artificiellement interdit au corps/esprit de trop manger (par une forme de conditionnement quelconque), il lui faudra bien trouver une autre façon d’apaiser l’anxiété car la source du symptôme restera active ! Le symptôme va donc se transformer ou se déplacer (de la nourriture vers l’alcool par exemple). Et une fois posé cet anneau gastrique virtuel, ce dernier viendra s’opposer aux capacités naturelles de notre organisme à retrouver son équilibre. Et ce, même si la source de l’hyperphagie a été traitée efficacement… 

Il existe en Suisse un établissement de soins spécialisé dans le traitement des troubles du comportement alimentaires. Le gouvernement Suisse, il y a quelques années de cela, a fait  évaluer les résultats des traitements donnés. Il s’agit de traitements symptomatiques, où l’on cherche en première intention à modifier le comportement. La conclusion de cette étude : 70 % des patients sortis de cet établissement asymptomatiques (plus de crises de boulimie, par exemple) ont connu un état dépressif dans les 12 mois après leur sortie. Voilà des données qui indiquent clairement les limites (et dangers) des « thérapies cosmétiques » qui se refusent à entendre et comprendre ce que notre inconscient exprime à travers nos symptômes.

Dans le cas de l’obésité, on invoquera souvent l’influence des gènes pour justifier la brutalité de ce type de traitement. Oui, sans doute. Mais deux jumeaux homozygotes (même oeuf) porteurs d’un même gêne les prédisposant à l’obésité peuvent connaître une évolution pondérale totalement différente. Pourquoi ? Parce que le gêne va s’exprimer – ou pas – selon les émotions dominantes qui animent le sujet au quotidien.

Notre Cabinet n’utilise donc pas le protocole de l’anneau gastrique virtuel mais propose une thérapie intégrative qui cherche à agir à la source du problème afin de produire un changement profond et durable (sans symptôme de substitution) et dont je vous parlerai avec plaisir si vous le souhaitez.

N’hésitez pas à m’appeler pour que nous en discutions de vive voix et dans tous les cas, je forme le voeu que vous retrouviez le bien être et la santé.

Bien cordialement,

Philippe Coat.