DEPERSONNALISATION, DEREALISATION

Philippe Coat, Sophrologue spécialisé & Hypnothérapeute à Colmar
Philippe Coat, Hypnothérapeue & Sophrologue à Colmar

La déréalisation

« Nous revenions d’une marche en montagne. En arrivant sur le parking où se trouvait notre véhicule, un voile s’est installé devant mes yeux et j’ai été pris d’un léger vertige, un peu comme dans un état d’ébriété. J’ai alors éprouvé pour la première fois cette impression d’étrangeté du monde. J’étais soudainement plongé dans un rêve. Je flottais à côté de moi, j’étais en dehors de mon corps. Tout à coup, j’étais devenue spectatrice de ma vie ».

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Etranger au monde

Cette patiente souffre de ce que l’on nomme la dépersonnalisation, un des symptômes de l’anxiété. Elle se caractérise par l’expérience d’un sentiment de détachement, une impression d’être devenu un observateur extérieur de son propre fonctionnement mental ou physique. Pour les uns il s’agit d’une impression momentanée. Pour les autres cet état va être durable et pourra même parfois devenir chronique.

Quand les émotions disparaissent

Ce sentiment de détachement peut s’accompagner d’une perte partielle des émotions. Notre expérience du monde se fait non plus à travers notre corps, nos sensations et nos émotions mais devient presque exclusivement cognitive, mentale. « C’est terrifiant, me rapporte une patiente. Lorsque je regarde mon fils, je sais que je l’aime mais je ne ressens plus rien. »

Pourquoi les choses sont-elles comme ça et pas autrement ?

Au quotidien, les choses les plus banales peuvent paraître bizarres : “Pourquoi tout ça existe-t-il ? Pourquoi les gens se lèvent-ils le matin pour aller travailler ? Pourquoi suis-je moi plutôt qu’un autre ?

La souffrance de l’incommunicabilité

Contrairement à la psychose où le malade prend parfois ses perceptions erronées pour la réalité (par exemple une femme décharnée qui se verra grosse), les personnes souffrant de dépersonnalisation  sont tout à fait conscientes des symptômes mais ne peuvent rien pour s’en défaire.

Les mots manquent pour rapporter une expérience aussi étrange, quasi incommunicable à des esprits non-initiés. Alors souvent les personnes atteintes n’osent pas en parler à leurs proches, ni à leurs parents, ni même à leur conjoint de peur d’être confronté à l’incompréhension voire au rejet. Ce qui va encore renforcer leur souffrance.


La dépersonnalisation

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Alors que la déréalisation est une expérience subjective de sentiment d’irréalité ou d’étrangeté du monde extérieur, la dépersonnalisation est le sentiment d’irréalité ou d’étrangeté par rapport à soi-même, à son propre corps, comme si l’identité était floue et se diluait vers l’extérieur.

Les patients vont alors rapporter ce types d’expériences : «j’ai  l’impression de ne pas être vraiment présent, de ne pas exister ; ma pensée me semble étrange ; je m’étonne d’exister; je ne suis plus sûr que c’est vraiment moi, là dans le miroir ; je me souviens d’avoir participé à ce moment mais j’ai la sensation de ne jamais y avoir été »…


 Les origines probables

 Il existe assez peu de données sur l’étiologie de ce trouble. Un traumatisme, une exposition prolongée à un stress excessif, une dépression semble être les déclencheurs les plus fréquents.

Un stress prolongé

La dépersonnalisation pourrait être parfois liée aux effets physiologiques d’un stress qui atteint son paroxysme. Elle peut en effet survenir de manière fugitive et isolée, comme cela se voit par exemple à la suite d’un surmenage chez des personnes ne présentant aucun antécédent psychologique ou psychiatrique. Tout se passe comme si le stress  portait à saturation nos fonctions mentales et physiques : nos perceptions sont alors déréglées, comme sous l’effet d’une drogue et le monde intérieur et extérieur deviennent étranges.

Pourquoi un stress paroxystique pourrait-il dérégler nos perceptions ? Le stress se traduit par une libération de cortisol, d’adrénaline et de noradrénaline. Cette dernière hormone est la reine mère des troubles d’anxiété. Grâce à la noradrénaline, notre corps se prépare à répondre à une situation stressante ou dangereuse. Lorsque cela se produit, l’émotion qui nous envahit est celle que nous appelons anxiété. A lui seul, ce neuro-transmetteur provoque une dilatation pupillaire, une hausse des taux de glucose dans le sang, une contraction musculaire, une augmentation du rythme cardiaque… Un excès de stress pourrait donc perturber notablement notre système sensoriel tout entier et produire ce sentiment d’irréalité qui caractérise le trouble de dépersonnalisation/déréalisation.

Une angoisse de mort dans 50 % des cas

Dépersonnalisation, traitement, hypnose, cabinet Coat, Colmar, AlsaceSelon Irvin Yalom, professeur de psychiatrie à Stanford, de nombreuses recherches cliniques ont mis en lumière le rôle central joué par l’angoisse de mort dans les syndromes de dépersonnalisation. Il rapporte les conclusions de Martin Roth, psychiatre britannique, selon lesquelles la proximité avec une expérience de mort ou de maladie grave – touchant la personne atteinte de dépersonnalisation elle-même ou une personne de son entourage – constitue l’événement déclencheur du syndrome de dépersonnalisation dans plus de cinquante pour cent des cas.


 L’approche du Cabinet Coat

Afin de restaurer l’équilibre émotionnel et surtout de le maintenir dans la durée, la stratégie thérapeutique pourra recourir à l’hypnose, la programmation neurolinguistique, les techniques de libération émotionnelle et la sophrologie.

Chaque cas est différent et appelle, bien entendu, une stratégie sur-mesure. On peut néanmoins identifier quelques grandes étapes autour desquelles le programme thérapeutique va le plus souvent se développer :

  • Etape 1 : restauration de la sécurité et de la détente,
  • Etape 2 : élimination des automatismes neurobiologiques,
  • Etape 3 : libération des traumatismes (s’il y a lieu),
  • Etape 4 : restauration de l’harmonie avec les sensations/émotions,
  • Etape 5 : consolidation de l’équilibre émotionnel dans la durée.

Faire céder l’anxiété

Il s’agira tout d’abord d’éteindre l’incendie, de soulager rapidement le patient : on va lui apprendre à générer de façon répétée un état interne de calme, de détente et de sécurité au moyen de l’hypnose, prolongée à domicile par des séances d’auto-hypnose. Cet entrainement va rapidement faire baisser le niveau de stress : le sentiment d’étrangeté de la réalité interne et externe va alors rapidement céder. La lucidité revient, les sensations se normalisent progressivement.

Saper les automatismes neurobiologiques qui déclenchent la crise

Dans le même temps, il s’agira de mettre fin au cercle vicieux de la peur de la peur : beaucoup de personnes redoutent en effet de commencer à ressentir les sensations, signes avant-coureurs d’un épisode de dépersonnalisation. Cette peur que l’on nomme phobie intéroceptive augmente le niveau de stress qui amplifie à son tour les symptômes. Pour mettre fin à cet emballement, on va doter le patient – par le biais d’un apprentissage en état hypnotique – d’un moyen d’intervenir (un geste le plus souvent) dès que les premières sensations annonciatrices de la « crise » se font jour. Sachant qu’il dispose maintenant de ce pouvoir de mettre fin à la crise dès qu’elle s’annonce, la peur de la peur s’évanouie. Après quelques interventions sur les prémices de la crise, ce sont les automatismes neurobiologiques qui lui donnaient naissance qui sont progressivement sapés.

S’affranchir de l’influence des traumatismes

Lorsqu’un traumatisme a marqué le début des troubles, on va procéder à une « reconfiguration» du réseau neuronal impliqué par le biais de l’hypnose ou de techniques de libération émotionnelle.

Pour être efficace, il est indispensable d’agir sur l’apprentissage émotionnel problématique le plus ancien. Dans le cas contraire, on va « retapisser sur du papier peint » et même si l’on parvient à faire céder les symptômes, il y a grand danger que la rémission ne dure pas ou que le problème se manifeste d’une autre façon (déplacement, conversion, déni, rationnalisation…).

Mieux ancrer le corps dans la conscience

Le trouble de dépersonnalisation/déréalisation se manifeste par une forme de dissociation : la personne se met à distance de son corps, sa conscience se désincarne, elle se met à flotter, partiellement privée du feed back du système sensoriel. C’est la confusion et la peur qui s’installe. Il faudra donc veiller à renforcer l’unité corps/conscience pour que le patient puisse progressivement retrouver une relation pacifiée avec ses sensations, ses émotions, ses pensées. La sophrologie est la discipline toute indiquée pour ce faire. En focalisant la conscience sur les phénomènes internes, elle ramène aussi dans le présent et dissipe ainsi les anticipations anxiogènes (futur) ou les regrets néfastes (passé).

Philippe Coat.

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