LES IDEES QUI GUIDENT MA PRATIQUE

Ma conception de l’hypnose

L’hypnose est un état de vigilance intense qui nous permet, par l’imagination, de transformer notre comportement et notre rapport au monde et d’agir sur le fonctionnement de notre corps.

Acompagné par le thérapeute, le patient découvre, dans la transe hypnotique, un espace de liberté où il est concentré, lucide et créatif. Car il est maintenant allégé de ses limitations apprises (tu ne pourra pas… Tu n’aurais pas dû…. Il ne serait pas convenable de….), affranchi de ses conditionnements affectifs (l’amour mène nécessairement à la souffrance…), de ses croyances (je ne vaux pas autant que les autres…), de ses routines et distractions mentales.

Cet espace de liberté lui permet de mobiliser les capacités de changement ou d’auto-guérison de son corps/esprit, ces apprentissages par millions issus de son expérience personnelle et de l’expérience des générations qui l’on précédé, expériences mémorisées qui sont maintenant accessibles.

L’hypnothérapeute peut alors exploiter la neuroplasticité – la capacité du cerveau à créer chez l’adulte de nouveaux réseaux neuronaux – pour stimuler, par l’entrainement du patient, les configutations neuronales bénéfiques et défaire celles qui sont nuisibles.

Ma conception du rôle du thérapeute

Derrière le trouble, le symptôme, la maladie du patient il y a le plus souvent une aspiration latente au changement, à l’évolution voire à la transformation personnelle. Il s’agit donc d’entendre le précieux message que le symptôme est venu délivrer là où les mots étaient impuissants et de guider le patient pour qu’il se reconnecte, s’harmonise avec la Vie qui est en lui et autour de lui.

Le rôle du thérapeute

Gregory Bateson

Gregory Bateson

« Tous les grands maîtres et les grands thérapeutes évitent toute tentative d’influence directe sur les actes des autres et cherchent plutôt à fournir les cadres et les contextes dans lesquels un changement (habituellement défini de manière imprécise) peut survenir ».

Gregory Bateson, anthropologue, psychologue, épistémologue américain.

La maladie

La maladie est une solution biologique palliative et transitoire en attendant la résolution de l’activité conflictuelle originelle.

Salomon Sellam, docteur en médecine et psychosomaticien. In Principes de psychosomatiques clinique.

La liberté

Juan David Nasio,

Juan David Nasio,

« Chacun de nous est une pluralité de personnes psychiques, doté d’un corps imprévisible, et absolument dépendant des contraintes économiques, politiques, religieuses, biologiques et surtout affectives avec lesquelles il doit sans cesse transiger. Si liberté il y a, elle n’est pas tant de faire ce que nous voulons que d’accepter ou de ne pas accepter ce qui s’impose à nous. Ma seule liberté n’est pas de faire ce que je veux, mais d’aimer ou de ne pas aimer ce que je dois faire ».

Juan David Nasio, psychiatre et psychanalyste. In Mon corps et ses images.

Faut-il réfléchir à notre problème et identifier sa cause pour pouvoir le résoudre ?

François Roustang

François Roustang

« L’expérience clinique quotidienne nous apprend qu’il est une forme de réflexion dommageable. Lorsqu’elle se présente, le meilleur de l’être humain est devenu son ennemi : cette rumination qui occupe l’esprit durant des heures et des jours, ce ressassement de nos griefs, de nos prétentions et de nos désirs inassouvis. Cette plainte inépuisable qui se répand sur nos misères et nos frustrations. Il en est de même de ces dialogues intérieurs qui ne progressent pas, qui remplissent la tête jusqu’à la fatiguer, qui reviennent sans cesse sur les mêmes circonstances soit pour nous donner un rôle que nous n’avons pas pu tenir, soit pour agumenter, pour nous justifier à nos propres yeux, pour nous donner raison envers et contre tous. Ces entreprises sont vaines parce que nous nous tenons alors dans le passé pour tenter de faire qu’il n’ait pas eu lieu ou qu’il n’ait été autrement qu’il n’est. Au problème que ce passé à vu naître ou dans lequel il a été forgé, nous ne faisons que donner plus de force ou de consistance. il devient une réalité indépendante sur laquelle nous n’avons plus de prise.

Mais ne serait-il pas possible d’user de la réflexion d’une autre manière, par exemple pour reconnaître les erreurs commises, erreurs qui nous ont conduits à provoquer ce problème ? La réflexion, l’effort de compréhension, l’élucidation d’un problème, sa mise en perspective dans l’histoire individuelle, la recherche des raisons ou des motifs de son apparition ne seraient-ils pas bénéfiques ? N’est-il pas légitime de se demander pourquoi cette phobie, pourquoi ce cancer, pourquoi cet accident, cette séparation ? […] Pourtant, ce rapport de l’effet à la cause à quoi aucune conduite ne semble devoir échapper n’est pas valable pour ce qui relève de la position dans l’existence. La solution d’un problème humain ne s’effectue jamais par une réponse à la question pourquoi. Elle exige de faire cesser la réflexion sous peine de s’y empétrer. Car une telle solution n’est pas de l’ordre de la réflexion; elle est de l’ordre de l’action. […] Si l’on veut comprendre quelque chose, il faut d’abord le faire. […] Ce qui est vrai pour l’acquisition du langage ou pour la logique l’est encore bien plus pour résoudre un problème au cours d’une thérapie. On n’a jamais vu que le changement puisse s’opérer autrement que par le changement, et tout changement est un changement dans l’action. »

François Roustang, philosophe et hypnothérapeute. In Savoir attendre.

 Le corps et l’esprit indissociables

« L’individu dans son milieu est à la fois corps et esprit. La réussite de l’adaptation à cet environnement dépend de la synergie harmonieuse entre ces deux aspects d’une entité existentielle unique. Il ne peut y avoir atteinte de l’une sans l’autre, sinon par l’illusion d’un regard qui privilégie l’un aux dépens de l’autre. »

Robert Dantzer, neurobiologiste, directeur de recherche à l’INSERM. In L’illusion psychosomatique.

 L’être humain et l’univers

Albert Einstein

Albert Einstein

« Un être humain est une partie du tout que nous appelons univers, une partie limitée par l’espace et le temps. Il s’expérimente lui-même, ses pensées et ses émotions, comme quelque chose qui est séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est une prison pour nous, nous restreignant à nos désirs personnels et à l’affection de quelques personnes près de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison, en élargissant notre cercle de compassion pour embrasser toutes les créatures vivantes et la nature entière dans sa beauté ».

Albert Einstein. Extrait d’une lettre écrite par le physicien en 1950.

Le Hara et la transcendance

Karlfried Graf Dürkheim

Karlfried Graf Dürkheim

« Tous les efforts pour élargir et approfondir la connaissance de soi, qui restent dans le cadre du rationnellement intelligible, tous les exercices qui se contentent de renforcer la « volonté » et ne font que discipliner le coeur et les pulsions sont voués à l’échec pour ce qui est d’ouvrir l’homme à l’expérience de la transcendance.

Celui-ci doit donc apprendre à se libérer de la forme de conscience objectivante et statique grâce à une forme de conscience intérieure. Il doit s’efforcer de toujours laisser entrer dans sa conscience intérieure l’unité originelle, de se laisser saisir par elle et de conserver ce qu’elle lui procure sans chercher à l’expliquer. C’est à cette condition que l’homme permette ainsi au contact avec l’Etre originel de s’établir – contact qui existe avant que le Moi ne se forme et grâce auquel se trouve éliminées toutes oppositions dans lesquelles est pris l’homme prisonnier du Moi – et à cette condition seulement que peut s’ouvrir la porte qui mène à un véritable renouvellement de la personne.

C’est seulement en abandonnant le Moi et en plongeant dans l’unité de la vie originelle que l’homme peut trouver son être essentiel. […..]. Mais seule une pratique régulière permet de conserver le contact avec l’Etre, de devenir une personne vraiment nouvelle et de faire ses preuves en tant que telle, témoigant de l’Etre. Et cela n’est possible que si l’on est solidement ancré dans le Hara. »

Karlfried Graf Dürkheim,  psychothérapeute et philosophe allemand initié à l’école du bouddhisme Zen Rinzai. In Hara, centre vital de l’homme.

 La force d’un vivant humain  est une fonction relationnelle

« Grâce à l’hypnose, on peut faire l’expérience de ce que serait l’effet du changement. L’induction (ndlr : la génération de la transe) a pour visée la destruction de notre système de coordonnées figé ou restreint et, par le fait même, de nous ouvrir, fut-ce quelques instants, à un nouveau complexe relationnel souple et ample. La force qui est alors ressentie naît du fait que nous ne disposons plus seulement de nos propres forces, mais de toutes celles qui nous sont octroyéespar le réseau multiforme  dans lequel nous sommes placés et par lequel nous acceptons d’être façonnés. La force ou la faiblesse d’un vivant humain  est une fonction relationnelle. Si les liens aux autres et au monde sont limités en nombre et en qualité, ou bien s’ils reproduisent toujours les mêmes formes, nous demeurons exténués, au bord de la dépression; si, au contraire, ces liens sont innombrables et toujours prêts à s’adapter aux fluctuations de l’environnement, alors la puissance est à notre porte. » […] « La tonicité n’est rien d’autre que l’immersion dans les courants multiples auxquels est soumis un vivant dans son rapports avec tous les vivants. là réside le secret de sa force. »

François Roustang, philosophe et hypnothérapeute. In Savoir attendre.

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